samedi, juillet 20, 2024
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Coronavirus: accroitre les connaissances des animaux pour mieux protéger l’humain

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Coronavirus: accroitre les connaissances des animaux pour mieux protéger l’humain

Si la pandémie actuelle nous a bien appris une chose, c’est que les pathologies infectieuses animales peuvent avoir de lourdes conséquences pour l’humain. Diversifié nos connaissances des animaux et de leurs pathogènes ne pourra qu’être bénéfique dans notre quête pour différents vaccins et traitements.

Près de 60% des maladies infectieuses émergentes humaines sont d’origine animale. La COVID-19 n’est que le dernier exemple en date. Mais grâce aux connaissances acquises des coronavirus chez les animaux, la prise en charge chez l’humain n’a été que plus rapide et efficace.

Le travail chez l’animal en amont a été essentiel à la fois dans la compréhension de la pathologie mais également dans la recherche de traitements et de vaccins potentiels. Et il est loin d’avoir livré tous ses secrets. Entre autres, comprendre le fonctionnement du système immunitaire chez les animaux qui vivent avec des coronavirus, comme les chauves-souris, pourrait guider dans l’élaboration de traitements et de vaccins.

Les connaissances chez l’animal sont un réel atout dans la lutte des pathologies. Une équipe multidisciplinaire de plus de 10 universités et instituts de recherche a récemment décrit comment l’intégration d’un ensemble plus diversifié d’espèces et d’environnements pourrait améliorer le cycle de recherche biomédicale.

Cependant, le concept n’est pas nouveau. Les plus grandes découvertes scientifiques se sont appuyées sur l’animal. Ce fut le cas, par exemple, pour le tout premier vaccin qui est né de l’observation que les laitières ayant contracté une variole bénigne par les vaches étaient protégées contre la variole mortelle. En est venue l’idée d’inoculer des personnes avec des virus non létaux afin de les protéger contre des virus plus mortels.

Ce type de découverte ne peut se faire qu’en étudiant de nouvelles espèces dans des environnements variables. La recherche moderne s’appuie majoritairement sur l’étude des souris, et bien qu’elle soit essentielle, elle limite la portée et la découverte d’innovations médicales.

Par exemple, une nouvelle classe d’anticorps, appelés nanocorps, a été découverte chez les chameaux. Plus faciles et plus rapides à fabriquer que les anticorps traditionnels, les nanocorps jouent un rôle important dans la recherche biomédicale, y compris la réponse contre la COVID-19.

On connait encore très peu du système immunitaire de la majorité des animaux. Hors leurs outils de combat contre les pathogènes mortels, pourraient devenir les nôtres. Sortir du laboratoire et étudier de nouvelles espèces amène à de nouvelles découvertes. Et d’après Julie Old, de l’Université Western Sydney, il est particulièrement important que la recherche en immunologie inclue des espèces plus diverses.

« Si nous voulons faire évoluer notre compréhension du système immunitaire et potentiellement devancer toute pandémie future, la communauté des chercheurs doit s’étendre. Nous devons élargir notre champ d’action et introduire de nouvelles espèces et de nouveaux environnements dans le paradigme de la recherche. »

Les chercheurs espèrent inciter leurs pairs, notamment en immunologie à rechercher des collaborations interdisciplinaires bénéfique auprès des vétérinaires, et des experts de la faune et la flore.

Cette transdisciplinarité apportera une richesse dans la recherche et de nouvelles découvertes contre les maladies émergentes. On en voit déjà les avantages contre la COVID-19.

Inspiré d’un vaccin nanoparticulaire muqueux pour protéger les animaux contre la toxoplasmose, des chercheurs ont adapté le concept à SARS-CoV-2. Le vaccin candidat sera constitué des mêmes nanoparticules et sera testé prochainement par voie nasale chez la souris.

Les risques de maladies infectieuses émergentes ne disparaissent pas. Nous avons besoin de nouvelles idées, de nouveaux outils et de nouvelles collaborations aussi dynamiques que surprenantes et variées pour y faire face. Un approfondissement proactif des connaissances en immunologie de divers animaux permettra de stimuler les découvertes avec des applications réelles pour la médecine humaine et vétérinaire et la conservation.

 

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