mardi, avril 16, 2024
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Les zoonoses inverses : de l’humain vers l’animal

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Les zoonoses inverses : de l’humain vers l’animal

Il existe plus de 827 000 virus dans le monde animal qui ont un potentiel infectieux chez l’humain. Un chiffre qui effraie d’autant plus que seulement 13 zoonoses sont responsables de 2,2 millions de morts chaque année. Si impressionnant qu’on en oublierait presque que l’évènement inverse peut avoir lieu.

Alors que l’humain craint les pathologies de l’animal, l’animal peut également contracter des infections de l’humain. La transmission est à double sens. On parle alors de zoonose inverse ou de zooanthroponose.

Les humains peuvent ainsi transmettre 21 bactéries, 12 virus et 7 champignons à des animaux. Les animaux sauvages sont les plus touchés, suivis du bétail et des animaux domestiques.

A titre d’exemple, l’hépatite A peut infecter les primates non-humains, le virus de l’herpès affecter les tamarins et les ouistitis et la salmonelle toucher les animaux de ferme et de compagnie. Le plus récent exemple en date se rapporte au COVID-19 qui est passé de la chauve-souris au pangolin, puis à l’humain, suite à quoi il aurait infecté, entre autres, les chats. On a donc un passage de la pathologie de l’humain vers l’animal.

Bien qu’elles soient pertinentes à l’échelle mondiale, les zoonoses inverses présentent un intérêt particulier pour les scientifiques indiens. En effet, la proximité des humains et de la faune y est renforcée par l’augmentation des inégalités économiques et politiques, la fragmentation de l’habitat et la dégradation de l’environnement couplé à une concentration très dense de bétail. Humains, animaux d’élevage et faunes sauvages interagissent donc souvent les uns avec les autres.

Et ces interactions ont un prix. Les pratiques d’élevage et de pâturage et les conditions environnementales en Inde augmentent la probabilité de propagation des maladies à la fois chez les humains et les animaux, qu’elles soient virales, bactériennes ou fongiques.

Ainsi, 15 à 28% des bovins testés lors d’une étude en 2005 se sont révélés infectés par M. tuberculosis, probablement d’origine humaine, et bien souvent mortel. Et si l’infection se transmet chez les animaux proches de l’humain, elle impacte également la faune sauvage. Les éléphants seraient également sensibles à M. tuberculosis et sujets aux infections mycobactériennes transmises par l’homme.

En 2018 et 2014, des infections chez des enfants et des vaches atteints de diarrhée montrent des similitudes qui, sur la base d’études génétiques s’avèrent réelles. L’infection chez les vaches est d’origine humaine. Et ce genre d’évènement est loin d’être unique, ce ne sont pas les preuves qui manquent.

À la suite de la pandémie de grippe porcine de 2009, une étude met en évidence la transmission du virus des humains aux porcs. En 2012, une étude examine également la transmission du sous-type A du virus de la grippe de l’homme aux animaux de compagnie.

Même les zooanthroponoses fongiques ne sont pas inconnues. En 2009, les chercheurs ont identifié Microsporum gypseum, un champignon pathogène qui avait été transmis à un chien par son propriétaire.

Il existe donc de nombreux cas de zoonose inversée, particulièrement en Inde. Et la réduction du contact entre les humains et les animaux par la conservation de l’environnement est clé pour réduire le risque de transmission des maladies. Il faut savoir repenser notre interaction avec la nature, les mouvements de biens, du bétail et des personnes dans un contexte où la mondialisation doit maintenant prendre en compte les évènements zoonotiques et zooanthroponotiques à potentiel pandémique.

 

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