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Zoonose : Un coronavirus porcin inquiète

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Zoonose : Un coronavirus porcin inquiète

Inutile de rappeler la menace que représentent les virus zoonotiques qui passent des animaux à l’humain, en particulier les coronavirus. Mais si c’est un coronavirus de chauve-souris qui a récemment fait la une, la prochaine fois ce ne sera pas forcément le cas. Une nouvelle étude montre qu’un coronavirus porcin est capable d’infecter des cellules humaines. A surveiller de près donc.

 

Notre histoire est rythmée par des vagues de pathologies mortelles, notamment en provenance de réservoirs animaux. Depuis bien avant l’Antiquité, les humains ont dû affronter des maladies virales mortelles qui décidèrent du sort de civilisations entières. Et, avec l’industrialisation, la mondialisation, la destruction des habitats et la surpopulation, ces menaces sont d’autant plus grandes qu’elles sont capables de se répandre rapidement globalement.

En ligne de mire, les coronavirus, dont le potentiel de transmission interspécifique reste préoccupant, font beaucoup parler d’eux. Ils représentent une menace permanente, notamment de par leur diversité qui complique exponentiellement l’identification des isolats à haut risque, ceux qui menacent la santé humaine.

Au 21ème siècle seulement, trois nouveaux coronavirus humains d’origine animale et trois nouveaux coronavirus (CoV) porcins sont apparus soudainement et se sont répandues au travers le monde dans ces 20 années. Et si la pandémie COVID-19 doit nous apprendre quelque chose, c’est que la prévention est clé. Il devient donc stratégiquement crucial, pour la santé des populations, d’identifier les coronavirus zoonotiques à haut risque et de les surveiller de près.

Le porc, qui vit en proximité immédiate avec les populations humaines, est sujet à de nombreux coronavirus. Au cours des 80 dernières années, plusieurs nouveaux coronavirus ont provoqué d’importantes épidémies chez le porc, notamment le virus de la gastro-entérite transmissible (TGEV), le coronavirus respiratoire porcin (PRCV), le coronavirus de la diarrhée épidémique porcine (PEDV), le virus de l’encéphalomyélite hémagglutinante porcine (PHEV), et le deltacoronavirus porcin (PDCoV). Plus récemment, un nouveau coronavirus causant le syndrome de diarrhée aiguë porcine (SADS-CoV) fait rage tuant près de 90% des porcelets de moins de 5 jours infectés.

La population porcine est donc une potentielle source de nouvelles flambées épidémiques zoonotiques, et le nouveau coronavirus porcin, hautement pathogène, inquiète particulièrement. Les chercheurs ont donc voulu évaluer la sensibilité des humains à la transmission et à la réplication interspécifiques du SADS-CoV.

Et les résultats sont inquiétants. SADS-CoV peut se répliquer efficacement dans une variété de lignées cellulaires d’animaux et de primates, y compris dans les cellules humaines primaires dérivées du poumon et de l’intestin. Et ce malgré le fait que le virus n’utilise pas les récepteurs ACE-2, DPP4 ou CD13 du coronavirus humain pour amarrer et entrer dans les cellules. SADS-CoV peut donc infecter une large gamme d’hôtes, autant des animaux que des humains, et a un potentiel intrinsèque de transmission inter-espèces.

En poussant l’étude, il s’avère qu’une immunité croisée chez l’humain serait plutôt limitée face au coronavirus porcin. Cependant, le remdesivir, un analogue nucléosidique à large spectre, efficace contre d’autres coronavirus dont la PIF chez le chat, bloque efficacement la réplication de SADS-CoV in vitro.

D’autres outils de lutte efficaces pourraient voir le jour. Seul inconvénient, les souris immunodéficientes ou immunodéficientes ne sont que très faiblement susceptibles à la pathologie. Tout comme pour SARS-CoV-2, il y a donc un besoin critique de modèles animaux améliorés pour mieux comprendre et combattre la pathologie.

Si à ce jour, le coronavirus porcin n’a encore jamais été détecté chez l’humain, le risque de débordement du SADS-CoV chez l’humain est bien présent. Et avec toutes les conséquences médicales et économiques mondiales que nous connaissons malheureusement que trop bien. Plus que jamais, il devient important que surveiller les populations porcines dans un esprit One Health. Plus les populations de porcs seront contrôlées et gardées en bonne santé, moins le virus sera prévalent et susceptible d’infecter l’humain.

 

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