mardi, juin 18, 2024
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COVID-19 : les espèces à risque identifiées

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COVID-19 : les espèces à risque identifiées

Une analyse génomique du récepteur ACE2 révèle que de nombreuses espèces animales sont vulnérables à l’infection par SARS-Cov-2. Les humains sont donc loin d’être les seuls menacés par la Covid-19.

 

De nombreux cas de covid-19 avaient déjà été documentés chez les animaux, dont le chat, le chien, le furet, le hamster, le lion, le tigre ou encore le vison. Cependant une nouvelle étude vient compléter le tableau en offrant une approche génomique et plus concrète des potentiels animaux réservoirs.

Les chercheurs se sont focalisés sur un des points d’entrée du virus dans les cellules hôtes humaines, le récepteur ACE2 (enzyme de conversion de l’angiotensine-2). ACE2 est présent sur de nombreuses cellules différentes, dans des tissus variés, et sans surprise sur les cellules épithéliales du nez, de la bouche et des poumons. Chez l’humain, 25 acides aminés du récepteur sont impliqués dans la liaison avec SARS-CoV-2. Une séquence de 25 qui permet donc une infection et peut ainsi la prédire.

En comparant cette séquence, et les propriétés moléculaires et structurelles qui en découlent, avec celle d’autres animaux, les chercheurs peuvent donc prédire leur susceptibilité au virus. Les animaux avec des récepteurs avec une séquence aux propriétés similaires et qui concordent structurellement avec celle des humains, seront, en principe, les plus à risque de contracter SRAS-CoV-2 via ACE2. De même, plus la séquence d’acides aminés diffère, plus le risque diminue.

En analysant le génome de 410 animaux vertébrés, dont des oiseaux, des poissons, des amphibiens, des reptiles et 252 mammifères, ils ont ainsi pu définir lesquels ont un récepteur avec une affinité assez importante avec le virus pour permettre son entrée et donc sont susceptibles à une infection.

Résultats : les espèces les plus sensibles au coronavirus sont souvent les plus menacées selon l’International Union for Conservation of Nature. Ainsi 40% des espèces classées sensibles d’après l’étude, sont à risque de contracter SRAS-CoV-2. On compte parmi celles-ci plusieurs espèces de primates – le gorille des plaines de l’Ouest, l’orang-outan du Sumatra et le gibbon à favoris blancs du Nord. On découvre également que certains mammifères marins comme les baleines grises et les grands dauphins sont à risque élevé.

Les animaux domestiques sont plus protégés, semble-t-il. Les chats, les bovins et les moutons présentent un risque moyen, et les chiens, les chevaux et les cochons, un risque faible d’infection par ACE2.

Ce qui peut surprendre peut-être le plus, c’est que la chauve-souris, pourtant anciennement réservoir de SRAS-CoV-2, n’encoure qu’un très faible risque de recontracter la maladie via leur récepteur ACE2. La forme actuelle du virus n’a pu se développer qu’au travers, d’un ou plusieurs hôtes intermédiaires avant d’infecter l’humain.

Si cette information aide à mieux comprendre le potentiel pathologique de la COVID-19 chez différentes espèces animales, elle permet également de mieux prévenir la maladie. Identifier les hôtes potentiels de le SRAS-CoV-2 et donc d’éventuels réservoirs, permet de réduire la possibilité de futures épidémies locales et de résurgence.

Cependant, les auteurs de l’étude mettent en garde contre une surinterprétation des résultats et des prévisions émises ici. Elles ne restent que des hypothèses tant que l’infection n’a pas été réellement identifié dans les espèces en question. Affaire à suivre donc.

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