samedi, juillet 20, 2024
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Hypertype chez le chien : un éleveur néerlandais condamné

Un éleveur de bouledogues français a été condamné à une amende de 3 000 € pour avoir sélectionné des reproducteurs à nez trop court, produisant des chiens souffrant de graves difficultés respiratoires, même au repos. Une première dans la lutte contre l’hypertype chez les races brachycéphales.

Zoonoses émergentes : le risque de pandémie est corrélé aux caractéristiques de l’hôte

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Pourquoi les maladies transmises par les chauves-souris, qui sont les hôtes naturels de plusieurs virus, entraînent des taux de mortalité plus élevés chez les humains que les zoonoses propagées par d’autres animaux ? Pour répondre à cette question, une étude a modélisé les mécanismes qui sous-tendent l’évolution des traits viraux chez les hôtes réservoirs.

Covid-19 : le cerf de Virginie, potentiel nouveau réservoir du Sars-CoV-2

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Depuis le début de la pandémie de Covid-19, le cerf de Virginie attire l’attention des scientifiques qui voient en lui un acteur majeur de la diffusion du coronavirus dans le monde. Des études parues cet été confirment son rôle dans les mutations génétiques du virus, tandis que la contamination de nouvelles populations de cervidés européens inquiète.

Influenza aviaire : un nouveau sous-type faciliterait la transmission aérienne du virus H3N8 aux mammifères

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Des chercheurs de l’université de Nottingham ont découvert un sous-type du virus de la grippe aviaire H3N8, présent de manière endémique dans les élevages de volailles en Chine, qui a subi suffisamment de mutations génétiques pour augmenter sensiblement le risque de transmission de la maladie entre mammifères.

Catastrophes : de l’urgence de créer un plan de gestion des animaux face à leur récurrence

Les catastrophes, qu’elles soient naturelles ou accidentelles, ont toujours existé et généralement les animaux paient un lourd tribut. Cet été a encore montré l’importance de réfléchir en amont à l’attitude à adopter pour sauver son animal de compagnie des flammes, des eaux, ou de tout autre événement catastrophique.

 

Les réseaux sociaux et la médiatisation des événements dramatiques tiennent de plus en plus en compte de l’impact sur les animaux de compagnie et domestiques, mais aussi sur la faune sauvage. C’est réellement en 2011, à la suite du tsunami au Japon, que les instances vétérinaires et animalières ont constaté l’absence totale de préparation des équipes de secours et des propriétaires à la prise en charge des animaux lors de la survenue d’une catastrophe. Car en plus de la détresse ressentie par les personnes sinistrées, la disparition de leur animal vient renforcer le sentiment d’avoir tout perdu. Quant à l’animal, s’il peut parfois prendre des initiatives pour assurer sa survie, il n’est pas capable de faire face à de grandes catastrophes, naturelles ou d’origine humaine, et reste malheureusement vulnérable et dépendant de l’homme.

C’est pourquoi il est urgent de sensibiliser les populations, mais aussi les professionnels au facteur “animal”. D’ailleurs, en 2015, la Fédération vétérinaire européenne avait déjà organisé une conférence sur le thème « les catastrophes naturelles et One health : sommes-nous prêts à réagir ? ».

Les catastrophes, qu’elles soient naturelles ou accidentelles, ont toujours existé et généralement les animaux paient un lourd tribut. Cet été a encore montré l’importance de réfléchir en amont à l’attitude à adopter pour sauver son animal de compagnie des flammes, des eaux, ou de tout autre événement catastrophique

 

Cet été, c’est au tour de l’université vétérinaire du Texas de proposer une démarche complète pour être prêt le jour où un événement se produit. Leur approche se veut exhaustive et prend en compte non seulement les animaux de compagnie, mais également le bétail et les chevaux. Aujourd’hui, 90 % des Américains détenteurs d’animaux ne savent pas comment réagir face à une catastrophe d’ampleur dans un pays pourtant à fort risque. Aussi, le centre des urgences vétérinaires de l’université propose une check-list de ce qu’il faut faire en amont et au moment de l’évacuation des animaux de compagnie, d’élevage et des chevaux, en décrivant ce que doit contenir un kit d’évacuation. Mais cela ne suffit pas. Encore faut-il savoir où se réfugier, et ce lieu doit de surcroît accepter les animaux ! S’il existe des refuges d’urgence, les animaux sont généralement recueillis sans aucune information les concernant.

Il serait ainsi dans l’intérêt des propriétaires comme des animaux de fournir un maximum d’informations lorsqu’ils sont pris en charge séparément (numéro d’identification de l’animal, vaccinations, traitements, etc.), voire d’emporter quelques photos et de prévoir une petite quantité de l’aliment habituel.

 

Témoignages lors des incendies en Gironde en 2022

 Incendies en Gironde : le sauvetage des animaux

 

Les animaux en détresse face aux incendies en Gironde

Incendies en Gironde : le “stressant” transfert des animaux du zoo de La Teste-de-Buch

 

Près de 500 millions d’animaux ont été touchés par les violents incendies en Australie

Le chaos au Japon dans les heures et semaines qui suivent le tremblement de terre et le tsunami

La prise en charge des animaux après le tsunami au Japon

 

Les catastrophes, qu’elles soient naturelles ou accidentelles, ont toujours existé et généralement les animaux paient un lourd tribut. Cet été a encore montré l’importance de réfléchir en amont à l’attitude à adopter pour sauver son animal de compagnie des flammes, des eaux, ou de tout autre événement catastrophique

 

 

 

Maladie de Lyme : et si la solution se trouvait dans le sang du cerf de Virginie ?

Comme nombre d’hôtes vertébrés, notamment dans la faune sauvage, le cerf de Virginie peut être infecté par Borrelia burgdorferi. Cependant, cet animal est considéré comme un réservoir non compétent pour l’agent étiologique de la maladie de Lyme car il ne peut ni héberger ni transmettre efficacement la bactérie pathogène. Le spirochète ne survit pas dans son sang.

 

Le cerf de Virginie sera-t-il à l’origine d’une nouvelle stratégie de prévention et de traitement de la borréliose de Lyme chez l’homme ? C’est une question fondamentale dans la lutte contre cette maladie, car les humains ne sont pas les seuls à être infectés par Borrelia burgdorferi. Chiens, chevaux, bovins peuvent être contaminés, au même titre que la faune sauvage. Des chercheurs ont étudié la raison pour laquelle le cerf de Virginie passe entre les mailles. L’animal est pourtant important dans le cycle de vie de la tique Ixodes, vecteur de la maladie. Mais les tiques qui se nourrissent sur lui ne sont pas infectées par la bactérie.

L’étude a révélé que la raison se trouve dans le sérum du cerf. Un composant dans son sang tue tout simplement l’agent pathogène. Aucune bactérie viable n’a été détectée à la fin du test de sensibilité sérique. L’expérience a également montré que la résistance de l’hôte n’est pas liée à une infection antérieure. Cette réaction protectrice relève donc bien de l’immunité innée du cervidé.

Si cette étude est la première montrant que le sérum du cerf de Virginie possède une puissante activité destructrice contre pour plusieurs souches génétiquement distinctes de B. burgdorferi, ce n’est pas la seule espèce dans ce cas. Des études antérieures ont démontré que les sérums collectés chez le cerf rouge, le sika du Japon, le cerf mulet, le daim, le chevreuil sont également bactéricides. Reste maintenant à comprendre les mécanismes moléculaires qui offrent cette protection à tous ces cervidés.

Pour rappel, la maladie de Lyme n’est pas mortelle chez l’homme si une antibiothérapie est mise en place précocement. Toutefois, cette maladie est potentiellement débilitante et entraîne des manifestations articulaires, cutanées ou nerveuses. Sans traitement, la bactérie peut survivre plusieurs années dans l’organisme et provoquer des complications telles que de l’arthrite ou des déficiences neurologiques.

Aux États-Unis, 476 000 personnes sont diagnostiquées chaque année, ce qui en fait la zoonose à transmission vectorielle la plus répandue outre-Atlantique.

En France, 76 cas sont diagnostiqués pour 100 000 habitants, soit une incidence en forte augmentation. Environ 810 cas humains sont admis à l’hôpital pour une borréliose de Lyme chaque année. Dans plus de la moitié des cas, les patients hospitalisés présentent des symptômes neurologiques.

 

Pour aller plus loin

Tiques, puces : la maladie de Lyme, une vraie bombe à retardement

https://theconversation.com/tiques-puces-la-maladie-de-lyme-une-vraie-bombe-a-retardement-58748

 

Maladie de Lyme : La controverse

https://francelyme.fr/site/mediatiques/maladies-et-tiques/lyme-controverses/

 

Comme nombre d’hôtes vertébrés, notamment dans la faune sauvage, le cerf de Virginie peut être infecté par Borrelia burgdorferi. Cependant, cet animal est considéré comme un réservoir non compétent pour l’agent étiologique de la maladie de Lyme car il ne peut ni héberger ni transmettre efficacement la bactérie pathogène. Le spirochète ne survit pas dans son sang.

Polluants éternels : chiens et chevaux comme sentinelles de l’exposition aux Pfas

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L’université de Caroline du Nord a identifié des niveaux élevés de composés perfluoroalkylés et polyfluoroalkylés (Pfas) dans le sang des 31 chiens et 32 chevaux testés dans un État américain connu pour son haut niveau de pollution industrielle. Comme chez l’humain, la santé rénale et hépatique des animaux domestiques est susceptible d’être affectée par l’exposition à long terme aux Pfas.

Quand l’étude des cancers canins bénéficie à la médecine humaine

Devant la difficulté d’étudier le développement de certaines maladies humaines, la recherche se tourne parfois vers des animaux dits modèles – allant du poisson-zèbre au chimpanzé. Ce qui pose nombre de questions, éthiques mais aussi médicales : les rats ou souris de laboratoire sont-ils de bons modèles ? Un nouveau médicament efficace chez les rongeurs ne le sera pas nécessairement chez notre espèce… en tout cas pas aux mêmes doses et pas sous la même forme.

D’où l’intérêt de s’intéresser à des modèles plus grands, littéralement, tel que le chien.

Le chien partage avec l’Homme son environnement, mais aussi des caractéristiques génétiques. Le génome canin, c’est-à-dire l’ensemble de ses gènes, est entièrement connu depuis en 2005. L’analyse, effectuée chez une chienne de race Boxer, y a identifié un peu moins de 20 000 gènes sur les 78 chromosomes répartis en 38 paires de chromosomes autosomiques (non sexuels) et une paire de chromosomes sexuels (X et Y). L’espèce humaine en compterait, elle, 23 000 pour 23 paires de chromosomes.

Pourquoi s’intéresser au génome du chien ? La faute à l’Homme… En effet, en sélectionnant plus de 350 races de chiens pour la chasse, le gardiennage de troupeaux, la défense, le secourisme, l’assistance aux personnes ou tout simplement comme animal de compagnie, nous avons aussi sélectionné des gènes responsables de maladies. Aussi un grand nombre de races de chiens présentent une susceptibilité accrue à des maladies génétiques complexes comme les cancers.

Et comme pour nous, les altérations de son génome peuvent avoir des conséquences sur sa santé. Or, sur les 500 maladies génétiques qui peuvent l’affecter, la moitié sont analogues à celles qui nous touchent. Le chien peut ainsi en théorie être un bon modèle… Au point de jouer un rôle majeur dans l’identification de nouveaux gènes ou le développement de traitements innovants ? C’est ce que nous allons développer ici.

 

Quels cancers chez le chien ?

Animal de compagnie apprécié (même si le chat l’a récemment détrôné), le chien fait l’objet d’un suivi médical avancé. Les données recueillies montrent qu’il développe spontanément des maladies analogues à celles qui nous frappent : maladies cardio-vasculaires, auto-immunes, neurologiques, etc. Ce qui est un atout par rapport aux souris par exemple, où elles sont souvent induites artificiellement et ne reflètent que très partiellement les maladies humaines.

Le cancer fait partie de ces maux qui affectent nos compagnons. De 25 % à 30 % des chiens domestiques développent en effet une tumeur maligne. Les plus fréquents sont les cancers de la peau tels que le mastocytome ou le mélanome, les cancers de la glande mammaire chez la femelle et les lymphomes, cancers des nœuds lymphatiques – qui sont également décrits au sein de notre espèce.

Certains cancers sont plus fréquents chez des races données : cancer de la glande mammaire chez le doberman ou tumeur du cerveau chez les races brachycéphales (chien à nez court : boxer, bouledogue, carlin, etc.).

Au microscope, les cellules malignes des tumeurs canines et humaines se ressemblent beaucoup. Les similitudes existent aussi sur le plan génétique : les mêmes chromosomes ou les mêmes gènes peuvent être endommagés. Récemment, l’analyse comparée du génome d’un mélanome rare et mal caractérisé chez l’Homme (mélanome muqueux) et du mélanome buccal chez le chien, beaucoup plus fréquent, a permis la découverte d’anomalies génétiques similaires entre les deux espèces. Cette découverte pourrait permettre d’identifier de nouveaux traitements pour l’un comme pour l’autre.

 

Ce qui est cancérigène pour nous l’est aussi pour notre compagnon

Un autre avantage du chien en termes de santé est qu’il partage notre environnement : les mêmes lieux de vie, les expositions aux mêmes agents chimiques, les mêmes stress et, jusqu’à il y a peu, la même alimentation.

Les chiens de fumeurs en sont malheureusement un bel exemple. Fumer une cigarette expose son animal à 4 000 substances chimiques, dont une cinquantaine sont cancérigènes. Ils peuvent s’intoxiquer directement par inhalation de la fumée de cigarette ou bien via le dépôt sur leur pelage de substances nocives dérivées du tabac et secondairement ingérées.

La suite est affaire de museau. Les races à museau long (colley, berger des Shetland, etc.) développeront un cancer du nez ou des sinus car les particules cancérigènes resteront piégées dans leur nez. Les races à museau court ou aplati (bouledogue, Pékinois, Carlin…), dépourvues de filtre nasal, verront les particules cancérigènes s’accumuler dans leurs poumons, pouvant provoquer un cancer pulmonaire.

L’exposition aux toxiques environnementaux est évaluable chez le chien grâce à des colliers spéciaux qui captent les particules nocives, qui peuvent être secondairement étudiées. Là encore, les analyses chez le chien peuvent contribuer à une meilleure compréhension des cancers humains.

 

Les particularités du génome canin

L’intérêt pour les cancers canins a fait un bond après le séquençage du génome du chien il y a une quinzaine d’années.

Sa « lecture » complète a montré une étonnante homogénéité, qui découle de la forte consanguinité au sein des races. D’une génération à l’autre, il n’y a donc que très peu de brassage des gènes, du fait des croisements prévus pour respecter les critères de chaque race. À l’opposé, les vagues migratoires et les différents flux de populations humaines ont facilité d’importants brassages et ont abouti à une population hétérogène au niveau mondial, composée d’individus très différents.

En faisant se reproduire ensemble les animaux d’une même race pour fixer des caractéristiques physiques, les éleveurs ont ainsi imposé une épuration de nombreux gènes. Mais couleur des poils ou taille n’ont pas été les seuls traits sélectionnés : la prédisposition à certaines maladies génétiques, dont les cancers, l’a également été.

Pratiquement toutes les races de chiens sont touchées par des maladies génétiques. Ces maladies ont souvent une fréquence supérieure à celle observée chez nous, et peuvent toucher jusqu’à 10 % des animaux au sein de certaines races. Le chien représente ainsi un modèle unique pour l’étude de maladies spontanées d’origine génétique.

Mais ce n’est pas tout. L’homogénéité de son génome permet également d’identifier plus facilement les gènes en cause.

Étudier une maladie monogénique (due à un seul gène anormal) nécessite 20 chiens malades et 20 chiens contrôles (sains). Pour une maladie complexe, multifactorielle, telle que le cancer, quelques centaines d’animaux sont nécessaires – chez l’Homme, plusieurs milliers de patients et de sujets contrôles sont requis.

 

Un bénéfice pour tous

Ces chiffres soulignent tout l’intérêt du chien pour décrypter les bases génétiques de maladies rares et/ou complexes chez nous.

Ce concept de « chien-patient » bénéficie d’abord au chien par le développement de tests génétiques, voire de thérapies efficaces, et à l’Homme par la mise en place d’essais précliniques étudiant l’efficacité des traitements proposés… chez le chien.

Par ailleurs, l’espérance de vie de nos compagnons étant plus courte, les cancers se développent et donnent des métastases plus tôt chez eux : ce qui permet d’apprécier rapidement l’efficacité d’un nouveau médicament. L’adaptation ultérieure des doses à notre espèce est par ailleurs facilitée par leur taille plus grande que celle des rongeurs.

Cette approche repose sur une étroite collaboration entre chercheurs, vétérinaires, médecins et généticiens. Les données acquises lors des différentes études croisées peuvent ensuite être appliquées aux maladies humaines homologues, avec un intérêt direct pour les deux espèces.

Selon le concept « OneHealth » (une seule santé), garantir la santé de l’Homme implique de protéger celles de l’animal et des écosystèmes. Dans ce contexte d’interdépendance, nos animaux de compagnie offrent un miroir de notre santé globale. Le chien est le meilleur ami de l’Homme à plus d’un titre.The Conversation

 

 

Audrey Rousseau, Professeur en Anatomie Pathologique – Médecin enseignant-chercheur au CHU d’Angers, Université d’Angers et Marie-Anne Colle, Professeur en Anatomie pathologique Vétérinaire, directrice de l’UMR PAnTher (UMR 703 INRAE/Oniris), Inrae

 

 

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Covid-19 : les chats joueraient un rôle important dans la transmission du coronavirus Sars-CoV-2

Une étude de l’American Society for Microbiology révèle que les chats sont sensibles à l’infection par le Sars-CoV-2, qu’ils peuvent le transmettre à des congénères, mais aussi qu’ils excrètent le virus et contaminent l’environnement.

Loi contre la maltraitance animale : le Sénat complaisant face au lobbying de certains professionnels

La commission des affaires économiques du Sénat appelle de ses vœux une application ni partielle ni partiale de la loi du 30 novembre 2021, dans le respect du travail du législateur, afin de protéger les animaux. Mais les propositions avancées n’ont rien d’impartial, voire pourraient remettre en question le fragile équilibre obtenu lors des discussions législatives antérieures.

Des chiens dans les écoles : la médiation animale pour prendre soin des élèves

 

Oasis, Pixel, Naya, Platon ou Silou ne sont pas de nouveaux acronymes dont l’éducation nationale est friande mais les noms de 5 Golden Retrievers présents depuis plusieurs années au sein d’établissements scolaires pilotes de la médiation animale.

Relativement récente dans les écoles, cette pratique a une longue histoire dans le domaine médical et la présence animale s’est révélée être auprès des personnes en situation de dépendance ou de handicap un atout majeur, au niveau physique, physiologique ou préventif mais également en tant qu’outil pédagogique et de socialisation.

L’intérêt actuel pour cette approche éducative souligne l’émergence d’un nouveau regard sur l’animal et d’une autre façon de penser l’éducation. Cette pratique qui consiste à introduire des animaux domestiques dans les environnements scolaires donnerait déjà des résultats significatifs du point de vue du bien-être des élèves, du climat scolaire mais aussi des apprentissages.

 

Des bénéfices pour les compétences sociales des enfants

La présence d’animaux en classe est soumise à une réglementation mais aussi à une connaissance de la protection de l’animal. Dans le cas de la médiation animale, les animaux sollicités sont des animaux de compagnie et, légalement, il n’existe pas d’interdiction dans le code de l’éducation concernant leur présence dans les établissements.

La loi du 30 juillet 1987 donne accès aux lieux permettant une activité professionnelle, formatrice ou éducative aux chiens guides d’aveugle ou d’assistance accompagnant les personnes titulaires de la carte d’invalidité. La loi du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale et à conforter le lien entre les animaux et les hommes rend possible les expérimentations en milieu scolaire qui, en se développant, donnent lieu à un premier cadrage institutionnel.

Les travaux de recherches sur l’enfant et la médiation animale de François Beiger, Marine Grandgeorge et Céline Barrier ont montré les intérêts des liens entre l’animal et l’enfant. Les résultats d’autres recherches scientifiques portant plus spécifiquement sur la présence d’un animal en classe montrent que les effets en sont très positifs sur le bien-être et le développement des enfants.

Un chien pour apaiser les tensions à l’école (France 3 Nouvelle-Aquitaine, 2023).

En premier lieu, les animaux domestiques peuvent aider les enfants à développer leurs compétences sociales, à mieux gérer leur anxiété et encourager l’empathie. En jouant avec un animal, les enfants apprendraient à prendre soin des autres et à communiquer avec leurs pairs.

Les animaux domestiques favoriseraient aussi la détente, la concentration des enfants et les aideraient à mieux comprendre leurs propres sentiments. En effet, les enfants sont incités à être plus attentifs aux êtres qui les entourent et à mieux comprendre ce qu’ils ressentent quand ils interagissent avec un animal.

Enfin, ce type d’interaction favoriserait les compétences de résolution de problèmes. Les enseignants peuvent incorporer des activités impliquant des animaux domestiques dans leurs programmes scolaires pour aider les élèves à réussir, à favoriser les échanges, l’expression orale, la lecture, la confiance en soi. La médiation par l’animal peut ainsi être choisie comme fil conducteur des apprentissages tout au long d’un projet.

 

Prendre en compte le point de vue de l’animal

Quel que soit le lieu et le public cible, la médiation animale implique au minimum trois acteurs, le ou les bénéficiaires, l’intervenant – en classe souvent l’enseignant – et l’animal choisi pour des qualités particulières liées au contexte. Dans la plupart des observations, ce sont les bienfaits sur les bénéficiaires qui sont étudiés. Ce regard anthropocentré nécessite d’être élargi afin de considérer le bien-être de chacun des protagonistes.

Grâce à de meilleures connaissances sur les besoins physiologiques mais aussi psychologiques des animaux, une prise en compte de leur bien-être en situation de médiation émerge. L’animal n’est plus seulement un partenaire efficace pour le développement des enfants, il est considéré pour lui-même en tant qu’être doué de sensibilité et ayant des affects directement liés aux interactions avec l’enfant ou les enfants. Se placer également de ce point de vue est essentiel pour assurer une coexistence et des interactions positives pour tous.

Ainsi, la classe peut être un lieu parfois bruyant et les sollicitations des enfants vis-à-vis de l’animal risquent de le fatiguer et le stresser. Il convient pour l’enseignant d’être attentif aux signes d’inconfort de l’animal et de lui offrir un espace de retrait respecté par les enfants. Chaque animal est un individu particulier et cette singularité est à découvrir avec les enfants. Au-delà des connaissances générales sur les besoins de l’espèce animale choisie pour partager la vie de la classe, c’est la vie quotidienne à ses côtés qui permettra de découvrir son caractère, ses préférences et ce qui le gêne.

Marie-Laure Laprade, professeure des écoles et présidente de l’association Éducation Éthique Animale, promeut la médiation animale à l’école tout en émettant un certain nombre de recommandations :

« Afin que l’animal invité en classe s’épanouisse, il est crucial de s’interroger sur les besoins biologiques dont comportementaux de son espèce, de connaître l’histoire particulière de cet individu particulier et d’apprendre à décrypter ses attentes, ses préférences, ses attitudes et réactions. Il s’agit d’un véritable apprentissage du « vivre avec ». J’émets donc de grandes réserves quant à la présence d’un animal en classe si ce projet n’est pas consciencieusement préparé en amont en mettant l’animal autant que les élèves en son centre ».

Le respect de certaines règles et une attention bienveillante à l’endroit de l’animal partenaire sont donc des conditions indispensables pour que cette expérience soit profitable à tous, et posent dans le même temps des limites à une généralisation de cette pratique.

Pour aller au-delà des premières expérimentations tout en évitant une généralisation trop massive de cette pratique, il y a donc nécessité de former les individus, tant les enseignants que les animaux eux-mêmes, comme cela se fait dans certains pays. Des dispositifs commencent à être mis en œuvre au niveau des académies.

Sylvain Wagnon, Professeur des universités en sciences de l’éducation, Faculté d’éducation, Université de Montpellier et Laura Nicolas, Maître de Conférence en Sciences du Langage et en Sciences de l’Education, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

La prévalence des coronavirus chez la chauve-souris augmente avec l’intensification des activités humaines

Selon une étude, les chauves-souris hébergent davantage d’agents zoonotiques dans les habitats fortement modifiés par l’homme. Les perturbations humaines sont une source de stress chronique chez les animaux sauvages, avec des effets immunosuppresseurs bien connus. Chez les chiroptères, il est associé à la (ré)activation de coronavirus latents et à l’augmentation de l’excrétion virale.

 

La modification des habitats et des paysages par l’homme est un facteur connu de transmission zoonotique des agents infectieux. Une étude statistique s’est penchée sur l’impact de l’activité humaine sur la prévalence du coronavirus chez la chauve-souris à l’échelle mondiale. Et les résultats sont sans équivoque : quels que soient le climat et le niveau de diversité des chauves-souris, l’intensification des menaces anthropiques est significativement corrélée à la hausse des taux d’infection de ces espèces par les coronavirus. Sont ainsi ciblées les activités liées à l’agriculture, à la déforestation, à la production d’énergie, aux transports, à l’urbanisation, etc.

 

Au cours des vingt dernières années, les coronavirus zoonotiques ont provoqué trois épidémies majeures chez l’homme : le syndrome respiratoire aigu sévère dû au Sars-CoV, le syndrome respiratoire du Moyen-Orient dû au Mers-CoV et la Covid-19 due au Sars-CoV-2. En tant que réservoir viral évolutif, les chiroptères jouent un rôle majeur dans la propagation des coronavirus. Dans cette étude, les scientifiques ont donc voulu comprendre comment les activités humaines influencent la dynamique de l’infection à coronavirus dans cet important réservoir animal, dans l’objectif de mieux gérer le risque de transmission des agents infectieux de l’animal à l’homme. Autrement dit, il s’agissait ici de savoir si l’intensité de la destruction ou de la réduction des ressources essentielles aux chauves-souris et les taux d’infection relevés étaient liés.

 

Et comme suspecté, les points chauds de la prévalence des coronavirus chez la chauve-souris coïncident avec les régions soumises à une pression humaine intense, ce qui suggère que cette prévalence est susceptible d’augmenter au fur et à mesure du développement de l’impact humain. Pour prédire et atténuer le risque de propagation d’agents pathogènes zoonotiques potentiels, les auteurs soulignent la nécessité de surveiller non seulement leur présence, mais également leur prévalence au sein de la faune sauvage. En effet, le stress écologique induit par la modification de l’environnement et les perturbations humaines est un facteur majeur de l’émergence de maladies zoonotiques. Cette étude révèle ainsi une association significative entre les facteurs de stress anthropiques et la prévalence élevée des infections à coronavirus dans la population mondiale de chauves-souris.