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Filière chevaline française : une production divisée entre viande et loisir

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Filière chevaline française : une production divisée entre viande et loisir

FranceAgriMer publie une synthèse* consacrée à la production de viande de cheval en France sur la période des cinq dernières décennies. Elle propose une analyse historique des évolutions de la filière, depuis la fin de la traction animale dans les années 50 jusqu’à la mondialisation du commerce de nos jours. L’enjeu pour demain : concilier les intérêts des deux secteurs, agricole et loisir équestre.

 

Avec ses 0,5 %, la production de viande chevaline française se classe loin derrière la viande ovine (6 %) et surtout la viande bovine (93 %). Pourtant, ce secteur subsiste, à côté des activités équestres, ce qui en fait une filière atypique. Cinquième producteur européen, la France est le seul pays, avec l’Espagne, à produire, exporter, abattre et consommer de la viande de cheval sur son sol. Les autres États, comme l’Italie, préfèrent engraisser et abattre des animaux importés ou les consommer sans les produire.

P1070350Selon les estimations des Haras nationaux, fondées sur la base Sire, le nombre total d’équidés atteint un million de têtes en France. 67% sont des chevaux de sport ou de loisir, 16% des chevaux de courses et 16% des chevaux lourds, des ânes ou des baudets. Ce cheptel est détenu pour moitié par les exploitations agricoles, et pour moitié par des centres équestres (25%) ou des particuliers (25%).

Les chevaux lourds, qui ne sont plus que 72 000 environ, représentent moins de 10% du cheptel total (recul de 5 % de leur effectif entre 2008 et 2013). Seules la France et l’Espagne continuent d’en produire. Ces vingt dernières années, face au recul des chevaux lourds, ce sont les chevaux réformés du secteur loisir qui ont surtout alimenté les abattoirs français. Plus légers, ils contribuent pour une part plus importante aux abattages mais font diminuer les tonnages. Depuis les années 90, les abattages de chevaux se sont stabilisés autour de 10 000 tonnes équivalent carcasse (tec) par an.

À partir des années 2000, les exportations de chevaux vivants dépassent les importations, et une partie des chevaux français sont envoyés à l’étranger pour être abattus. La production devient alors supérieure aux abattages : les chevaux qui sortent des élevages sont plus nombreux que leurs congénères qui entrent dans les abattoirs français (production nationale ou importations).

Sur les 105 abattoirs agréés pour abattre des équidés, seuls 85 ont effectivement fait le choix de cette activité en 2013. L’abattage des équidés est essentiellement effectué dans les treize plus gros abattoirs agréés, qui réalisent 77 % de la production et sont concentrés dans six régions (Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Poitou-Charentes, Centre, Nord-Pas-de-Calais et Midi-Pyrénées). Or ces sites d’abattage ne correspondent pas toujours aux bassins de production, ce qui complique la logistique et augmente le coût de transport. Ainsi, 40 % des chevaux lourds sont produits en zones de montagne, en Pyrénées-Atlantiques, dans le Massif Central et en Rhône-Alpes.

P1070363Les Français ne consomment pas le type de viande chevaline qu’ils produisent et importent donc plus de la moitié de leurs besoins(animaux vivants d’Europe et viande du continent américain). Dans les années 2000, 45 % de la production française était destinée à l’export. Depuis, les exportations françaises de chevaux vifs ont diminué en raison d’une baisse tant de la production que de la demande européenne, ainsi que d’une réglementation limitant le transport en vif des équidés. Ainsi, l’Italie achète plus de 50% de la production française, mais en passant par l’Espagne qui abat les chevaux français à moindre coût… De même, les importations de chevaux vivants sont passées de quelque 100 000 têtes dans les années 70 à 4 000 en 2013.

Au final, en un demi-siècle, la consommation française de viande chevaline a été divisée par six, alors que dans le même temps la population a augmenté de 30 %. Le principal enjeu pour demain, selon FranceAgriMer, est l’émergence d’un consensus entre les acteurs du secteur loisir et du secteur agricole, dont les intérêts divergent, afin de bâtir une stratégie commune concernant la production et la mise sur le marché de la viande chevaline en France. Chers cavaliers, la filière chevaline a besoin de vos compagnons pour vivre ! 

 

 

* La production de viande chevaline en France des années 50 à aujourd’hui, synthèse de FranceAgriMer, janvier 2015, n° 20.

 

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