mercredi, mai 29, 2024
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Protéines animales : Les fruits de mer pourraient aider à combler des demandes grandissantes

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Protéines animales : Les fruits de mer pourraient aider à combler des demandes grandissantes

Dans les années à venir les fruits de mer pourraient représenter 25% de la demande, toujours grandissante, en protéines animales. En effet, les réformes politiques et les améliorations technologiques pourraient faire grimper la production de fruits de mer jusqu’à 75% au cours des trois prochaines décennies.

 

D’ici 2050, il est estimé que la population mondiale s‘accroisse de près de 2 milliards d’habitants, soit un total d’environ 9,8 milliards de bouches à nourrir. Une réelle problématique, alors que déjà 815 millions de personnes dans le monde sont en sous-nutrition.

Et ce d’autant plus que produire de plus en plus de nourriture grâce à la culture des terres présente de nombreux défis, notamment en raison de la baisse des taux de rendement, de la concurrence pour les terres et l’eau, mais aussi divers problèmes environnementaux et sanitaires associés à l’agriculture à grande échelle.

En espérant répondre à cette demande grandissante en protéine animale qui va accompagner inévitablement la croissance démographique, des chercheurs du monde entier se sont donc penché sur la production alimentaire pouvant provenir de l’océan. Et d’après une nouvelle étude dans Nature, les fruits de mer auraient le potentiel de répondre à une grande partie de nos besoins à venir en protéines et en nutriments.

En examinant les principaux secteurs de production alimentaire de la mer – la pêche sauvage comme la mariculture de poissons à nageoires (thon et vivaneau) et de bivalves (palourdes, huîtres) – les chercheurs ont pu modéliser des courbes d’approvisionnement durables qui prennent en compte les aspects écologiques, économiques, et réglementaires et les limites technologiques du secteur.

Ils ont mis en relation ces courbes avec des scénarios réalistes de demande en approvisionnement alimentaire pour estimer la quantité de nourriture que l’océan pourrait fournir à mesure que la population mondiale augmente.

Pour le moment l’océan ne représente que 17% de l’industrie de la production animale. Mais au fur et à mesure que la technologie maricole s’améliore et que les politiques entourant l’océan et ses ressources sont réformés, la nourriture provenant de la mer pourrait augmenter de 21 à 44 millions de tonnes par an, d’après les chercheurs. Ce qui correspond à 12% à 25% des augmentations estimées de protéines animales nécessaires la totalité de la population en 2050. D’autant que l’augmentation des revenus et l’évolution des préférences alimentaires augmenteront considérablement la demande en aliments nutritifs dans les années à venir.

L’océan pourrait donc contribuer en grande partie à cette demande. Et notamment par l’élevage de bivalves qui, d’après l’étude, représente le plus grand potentiel d’expansion en ce qui concerne la nourriture provenant de la mer.

Mais, il ne faut pas se leurrer, beaucoup des problématiques et obstacles qui limitent l’agriculture terrestre sont applicables à l’aquaculture et la pêche. Cependant, ces travaux montrent que des solutions durables peuvent avoir un rôle majeur dans l’approvisionnement alimentaire mondial et la sécurité alimentaire.

« La surpêche, la pollution et la mariculture non durable donnent l’impression qu’il est impossible d’augmenter durablement l’approvisionnement en nourriture de la mer. Mais des pratiques non durables, des barrières réglementaires et d’autres contraintes peuvent limiter la production de fruits de mer, » explique l’écologiste marine Jane Lubchenco. « Des changements dans les politiques et les pratiques pourraient profiter à la fois à la conservation et à la production alimentaire. »

Les changements de politique dans les pêcheries américaines sont un bon exemple. Ils ont entraîné une réduction significative de la surpêche et la reconstitution des stocks sauvages, augmentant ainsi l’abondance des poissons dans les eaux américaines ainsi que les rendements de la pêche.

Les auteurs de l’étude décrivent quatre voies pour accroître durablement la production alimentaire océanique :

  • Une meilleure gestion des pêcheries sauvages qui représentent 80% de la production en protéines de la mer. La production mondiale des pêcheries sauvages va dépendre exclusivement du maintien des populations de poissons. Pour les stocks surexploités, cela signifie adopter ou améliorer des pratiques de gestion qui empêchent la surpêche et permettent aux stocks épuisés de se reconstituer.
  • des réformes des politiques régissant la mariculture
  • une amélioration des aliments utilisés en mariculture. 75% de la production maricole nécessite certains intrants alimentaires, comme la farine et l’huile de poisson, provenant de la pêche fourragère sauvage. Mais des alternatives telles que les protéines végétales ou animales terrestres, les déchets de transformation des fruits de mer, des ingrédients microbiens, des insectes, des algues ou des plantes génétiquement modifiées sont en préparation pour alimenter cette industrie.
  • des changements de la demande pour stimuler la production de tous les secteurs alimentaires océaniques

L’océan peut donc contribuer beaucoup plus à la production alimentaire durable, si on lui laisse sa chance. Mais, rediriger les subventions vers le renforcement des capacités institutionnelles et techniques pour la recherche, la gestion et l’application des lois sur les pêches sera une étape clé pour toute progression dans ce sens.

 

 

 

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