lundi, juin 17, 2024
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La plus-value économique des abeilles revue à la hausse

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La plus-value économique des abeilles revue à la hausse

L’impact économique des services rendus par les abeilles et par les autres insectes pollinisateurs aux États-Unis est beaucoup plus important que les estimations initiales pouvaient le laisser croire. Les chiffres actualisés remettent en perspective la valeur ajoutée de ces espèces et devraient stimuler les actions de conservation.

 

Les pollinisateurs comme les abeilles jouent un rôle extrêmement important dans l’agriculture. Ils fertilisent les récoltes, favorisent la biodiversité, permettent un bon fonctionnement des écosystèmes. Les insectes pollinisateurs sont notamment primordiaux pour le système agricole américain, car ils permettent de produire des produits essentiels à une alimentation saine, comme les fruits et les légumes. Ce sont des piliers de la nutrition humaine et par interconnexion d’une économie florissante. Mais malgré les services rendus par ces espèces, elles sont menacées de disparition.

Les insectes pollinisateurs sont en effet décimés par nos modes de vie et les nombreux pesticides qui sont actuellement utilisés en agriculture. Aux États-Unis, près d’un tiers des colonies d’abeilles mellifères d’élevage meurent chaque hiver, et les populations sauvages ne sont pas mieux loties. Un déclin général de ces populations, pourtant si importantes pour la vie sur Terre, est ainsi observé.

Pour mesurer quantitativement l’impact de ces pollinisateurs sur le développement des différents États américains, selon des valeurs universellement reconnues, des chercheurs de l’université de Pittsburgh et de la Penn State University leur ont attribué un poids économique. En utilisant des données accessibles au public sur la production agricole globale de chacun d’eux et son coût, en association avec des études sur les insectes menées sur le terrain, ils ont déterminé la dépendance économique de l’agriculture américaine à l’égard de la pollinisation et des insectes “travailleurs” pour chaque État, tout en identifiant les zones où la présence des pollinisateurs sauvages se réduit.

Résultat : la valeur économique des insectes pollinisateurs s’est élevée à 34 milliards de dollars aux États-Unis en 2012, l’année pour laquelle les données disponibles sont les plus récentes.

C’est beaucoup plus qu’on ne le pensait. Mais cette richesse n’est pas uniforme dans le pays. Ainsi, 20 % des États américains produisent 80 % de la valeur économique totale attribuée aux pollinisateurs sauvages et d’élevage. Malheureusement, les zones qui dépendent le plus, économiquement parlant, des insectes pollinisateurs sont les mêmes qui leur fournissent un habitat et des ressources alimentaires de qualité médiocre. Il arrive même que des agriculteurs achètent ou louent des colonies d’abeilles pour aider à polliniser leurs champs lorsqu’il n’y a pas assez d’abeilles sauvages pour le faire.

Ces régions sont donc des zones clés pour l’économie et le secteur agro-alimentaire du pays, mais également pour les efforts de conservation. Très dépendantes des services de pollinisation assurés par les insectes, elles seraient particulièrement vulnérables si les populations de pollinisateurs sauvages continuaient à décliner comme elles le font actuellement. Cette cartographie des besoins en pollinisation et des déficits en pollinisateurs pourra notamment servir à cibler les efforts de conservation afin d’assurer une production durable dans les principales zones cultivées du pays. L’étude insiste en outre sur la nécessité pour les agriculteurs d’adopter des pratiques plus respectueuses de la santé des abeilles et d’essayer de freiner le déclin des colonies, en fournissant notamment un habitat préservé plus favorable à leur implantation et à leur développement.

 

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