jeudi, mai 30, 2024
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Carnivac-Cov, premier vaccin contre la Covid-19 pour les animaux

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Carnivac-Cov, premier vaccin contre la Covid-19 pour les animaux

C’est une grande première pour les chats, chiens, furets et autres renards. Un vaccin russe contre la Covid-19, efficace à 100 % pour protéger les animaux de l’infection au nouveau coronavirus (Sars-CoV-2), vient d’être approuvé et devrait être fabriqué dès ce mois-ci.

 

La Russie vient d’homologuer et de lancer la production du premier vaccin contre la Covid-19 destiné aux animaux. Les essais cliniques, qui ont débuté en octobre dernier, ont permis de conclure à l’innocuité du Carnivac-Cov, dont l’efficacité atteint 100 % chez les animaux testés : tous ont développé des anticorps contre le Sars-CoV-2.

Les animaux sensibles au nouveau coronavirus et concernés par le vaccin sont les chats, les chiens, les renards roux et polaire et les visons. Mais l’application à d’autres espèces animales n’est pas exclue. Cependant, selon Konstantin Savenkov, de l’agence vétérinaire et phytosanitaire Rosselkhoznadzor, le vaccin est pour le moment uniquement destiné aux carnivores, domestiques et sauvages.

L’utilité d’un tel vaccin pour les animaux reste néanmoins à démontrer. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) continue de soutenir que le rôle épidémiologique des animaux domestiques n’a pas d’impact sur le maintien et la propagation du nouveau coronavirus Sars-CoV-2 dans la population humaine. Aucun cas de contamination de l’animal à l’homme n’a été recensé pour le moment. Le rôle de la vaccination des animaux de compagnie ou au contact de l’homme dans la maîtrise de la pandémie actuelle reste donc débattu.

Pourtant, si le nouveau coronavirus ne rend pas les animaux domestique malades, cela ne l’empêche pas de circuler au sein des populations animales. Une étude baptisée Covidac, menée notamment par l’école vétérinaire VetAgro Sup à Lyon, montre que les animaux dont les maîtres sont positifs ont huit fois plus de risques d’être infectés que leurs congénères. En effet, 20 % des animaux issus d’un foyer dans lequel un cas de Covid-19 au minimum a été diagnostiqué se sont révélés positifs, « ce qui suggère une circulation virale bien plus importante que cela avait été anticipé », précisent les auteurs. Des scientifiques, dans une tribune publiée dans la revue scientifique Virulence, affirment de leur côté « qu’il n’est pas impensable que la vaccination de certaines espèces animales domestiquées devienne nécessaire pour freiner la propagation du virus. Cela pourrait même devenir un enjeu de santé publique majeur sur le long terme ».

Ce n’est pas un avis partagé par tous. Le réseau de cliniques vétérinaires russes Belyï Klyk a pour sa part minimisé l’utilité actuelle du vaccin.

« Pour l’heure, aucun facteur de risque en faveur de la vaccination des chats et des chiens n’a été établi. Il n’a pas été prouvé qu’ils étaient porteurs du virus de la Covid-19. »

Malgré sa participation aux essais du vaccin, l’Association russe des éleveurs d’animaux à fourrure estime également prématuré de vacciner ses quelque 2 millions de visons, sachant qu’aucun cas n’a pour le moment été détecté.

La vaccination animale demeure donc une précaution, afin de réduire la part de risque, plus qu’un besoin réel, même si la situation pourrait évoluer. La production du vaccin débutera courant avril, mais il ne sera pas pour autant disponible sur le marché européen dans l’immédiat. Il faudra pour cela attendre un éventuel feu vert des autorités de régulation européennes. En attendant, les autorités russes précisent que le vaccin deviendra obligatoire pour tous les animaux en activité dans les aéroports ou pour ceux qui participent aux parades militaires. En Europe, plusieurs élevages d’animaux à fourrure ont déjà fait part de leur intérêt pour ce nouveau vaccin, pour ne pas avoir à revivre la crise de novembre dernier. En effet, ils avaient dû abattre 15 millions de visons suspectés d’être porteurs d’une mutation du coronavirus potentiellement transmissible à l’homme.

 

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