vendredi, mai 24, 2024
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Les bruits de la ville affectent la santé et le chant des oiseaux

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Les bruits de la ville affectent la santé et le chant des oiseaux

Le bruit de la circulation urbaine entraîne des déficits et des retards d’apprentissage chez les jeunes oiseaux. Ces derniers présentent également un système immunitaire affaibli, révélateur d’un stress chronique.

 

Le bruit de la circulation est omniprésent dans nos villes. S’il fait partie intégrante du paysage urbain, il n’est pas sans conséquences sur l’organisme. Cette pollution sonore nuit à la santé et au bien-être de millions de personnes et d’animaux qui vivent en ville. Le bruit constant peut en effet provoquer des maladies graves chez les adultes, voire des troubles de l’apprentissage et des déficits linguistiques chez les enfants. Afin d’analyser plus en profondeur les mécanismes qui relient l’exposition chronique au bruit et les déficiences cognitives, des chercheurs de l’Institut Max-Planck d’ornithologie, en collaboration avec les universités de Paris-Nanterre et de Manchester ont étudié l’apprentissage du chant et les fonctions immunitaires chez de jeunes diamants mandarins exposés aux bruits de la circulation urbaine.

Comme les enfants, les oiseaux chanteurs doivent apprendre à vocaliser auprès des adultes, mais cela n’est possible que pendant une courte période au début de leur vie. Dans des conditions normales, le chant des jeunes diamants mandarins évolue et s’ajuste vers l’âge de 90 jours environ, puis reste identique pour le reste de sa vie. Ce processus est appelé “cristallisation”. Mais lorsque les juvéniles sont exposés, pendant cette période critique de leur développement, à des bruits de circulation enregistrés à proximité de routes très fréquentées à Munich, des déficits dans l’apprentissage de leur chant apparaissent. Leur chant d’adulte, dit cristallisé, n’est acquis qu’avec un retard de plus de 30 % par rapport aux oiseaux élevés dans un milieu calme, et avec une précision vocale beaucoup moins caractéristique.

Mais ce n’est pas tout. Les chercheurs ont découvert que le bruit urbain affaiblit également la réponse immunitaire des jeunes oiseaux, suggérant qu’il est source de stress chronique chez les juvéniles en développement. Tout comme les enfants, les jeunes oiseaux chanteurs sont donc particulièrement vulnérables aux effets du bruit ambiant qui peut affecter leurs capacités d’apprentissage lors des phases d’acquisition successives. Les conséquences sont importantes puisque l’évolution du bagage vocal des animaux en est perturbée. Des erreurs d’apprentissage et de mémorisation des chants induites par le bruit urbain s’accumulent à chaque nouvelle génération.

Ces résultats marquent un nouveau tournant dans l’étude des effets du bruit anthropique sur la santé et le bien-être chez l’homme. Ils permettent notamment d’établir que le chant des oiseaux peut être utilisé comme paradigme expérimental pour de futures études sur les troubles cognitifs et de développement liés au bruit, en particulier en ce qui concerne les déficiences de l’apprentissage vocal et du développement de la parole.

 

 

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