lundi, janvier 12, 2026
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Déforestation : quand la destruction des forêts fait le lit des prochaines pandémies

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Déforestation : quand la destruction des forêts fait le lit des prochaines pandémies

La disparition accélérée des forêts tropicales n’est plus seulement une crise environnementale : elle constitue un facteur structurel de risque sanitaire mondial. Une synthèse récente de la littérature scientifique montre que la déforestation et la fragmentation des habitats naturels favorisent l’émergence de zoonoses, ces maladies infectieuses transmises de l’animal à l’humain.

 

Déforestation et zoonoses : le rôle clé de la perte de biodiversité

En convertissant des écosystèmes forestiers en zones agricoles, minières ou urbaines, l’activité humaine supprime des barrières écologiques qui, jusqu’alors, limitaient la circulation des agents pathogènes. Les espèces sauvages contraintes de se déplacer se rapprochent des populations humaines et des animaux domestiques, créant des interfaces propices aux phénomènes de contagion. La littérature épidémiologique montre que les régions où la couverture forestière recule rapidement enregistrent une hausse des maladies telles que le paludisme, la fièvre jaune, la leishmaniose ou l’infection à hantavirus.

Ce mécanisme est désormais bien documenté. La perte de biodiversité élimine des espèces dites dilutives, incapables de transmettre efficacement les agents infectieux, tandis que prolifèrent les espèces généralistes (rongeurs, chauves-souris, moustiques), souvent d’excellents réservoirs ou vecteurs de germes pathogènes.

La fragmentation des paysages multiplie les zones de lisière, véritables points chauds de transmission où humains, animaux de production et faune sauvage cohabitent étroitement.

 

La santé publique commence aussi à la lisière des forêts

Les forêts tropicales jouent ainsi un rôle discret mais décisif dans la régulation des maladies. Leur destruction transforme des virus autrefois confinés à une circulation au sein de la faune sauvage en menace sanitaire globale. Les données issues de l’Amazonie et de la forêt atlantique brésilienne illustrent ce phénomène : l’affaiblissement des politiques environnementales y coïncide avec une recrudescence des maladies infectieuses dans les zones récemment déboisées.

Protéger les forêts relève autant de la prévention sanitaire que de la conservation de la nature. À l’heure où les pandémies rappellent brutalement l’interdépendance entre santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes, la préservation des habitats naturels apparaît comme l’un des leviers les plus efficaces et les moins coûteux pour réduire les risques sanitaires futurs.

 

 

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