mardi, avril 28, 2026
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Chevaux et ânes utilisés comme sentinelles pour la fièvre hémorragique de Crimée-Congo en Europe

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Chevaux et ânes utilisés comme sentinelles pour la fièvre hémorragique de Crimée-Congo en Europe

Dans une démarche “One Health”, afin de suivre la circulation du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo en Europe du Sud-Est et en Europe centrale, une étude a analysé des échantillons de sang issus de chevaux et d’ânes en Bulgarie (579 équidés), en Roumanie (1 534) et en République tchèque (576) par la méthode Elisa pour détecter d’éventuels anticorps spécifiques.

Ce virus, qui se transmet principalement par la piqûre de tiques du genre Hyalomma, peut provoquer chez l’humain une grave fièvre hémorragique, avec un taux de létalité variant de 10 à 40 %.

La probabilité de détecter les tiques Hyalomma est plus élevée chez les chevaux, car ils font l’objet de soins quotidiens et sont proches de l’humain, et ces tiques sont facilement identifiables grâce à leur morphologie, même sur des photographies. Ainsi, de nombreux signalements de ces tiques sont recensés chez les chevaux en Europe centrale, occidentale et septentrionale, notamment en République tchèque, en Autriche, en Hongrie, en Pologne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Suède et en Norvège.

Malgré les inquiétudes croissantes concernant la propagation de cette fièvre en Europe, les données séro-épidémiologiques sur l’exposition des équidés au virus restent limitées. Aucune enquête sérologique n’a été menée, ce qui constitue une lacune en matière de surveillance et empêche toute alerte précoce. L’objectif de cette étude était de déterminer la séroprévalence des anticorps contre ce virus dans les 2 689 échantillons de sérum analysés, afin d’évaluer son expansion potentielle de l’Europe du Sud-Est vers l’Europe centrale en utilisant les équidés comme animaux sentinelles.

 

Une nette variation de la séroprévalence

L’étude rapporte une nette variation de la séroprévalence du sud-est au nord-ouest : des anticorps spécifiques ont été détectés chez les ânes et les chevaux en Bulgarie, avec une séroprévalence globale de 14,5 %. En Roumanie, 23 des 1 534 échantillons de sérum équin testés se sont révélés séropositifs, soit une séroprévalence globale de 1,5 %. En République tchèque, le dépistage sérologique de 576 chevaux a montré l’absence d’anticorps, donc une séroprévalence de 0 %. Ces résultats sont corrélés aux conditions environnementales régionales et à la distribution des vecteurs, et indiquent une progression des tiques Hyalomma vers le nord. Cela suggère aussi que le changement climatique et l’utilisation des terres créent les conditions favorables à la circulation du virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo dans des régions auparavant considérées comme à faible risque.

 

Ce qui se passe en Europe est déjà visible ailleurs

Cette étude représente la plus vaste enquête sérologique sur le virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo menée chez les équidés dans la région, et fournit des données de référence essentielles pour anticiper la propagation future de ce virus dans les zones non endémiques. L’évolution de la situation en Europe reflète des changements écologiques similaires observés ailleurs, notamment dans certaines régions d’Amérique du Nord, soulignant l’importance d’une surveillance et d’une préparation mondiales face à la maladie. À mesure que l’aire de répartition des vecteurs s’étend, les États-Unis et les autres pays non endémiques vont devoir évaluer leurs propres risques d’exposition animale et humaine et investir dans des stratégies proactives, fondées sur l’approche “Une seule santé”.

 

Un environnement favorable aux tiques

Le changement climatique, la dégradation de l’environnement et la mondialisation ont entraîné la prolifération de nombreux vecteurs et la diminution des barrières à la transmission, accentuant les risques de maladie vectorielle dans des zones auparavant indemnes. L’introduction et l’établissement de tiques Hyalomma dans des régions non endémiques d’Europe, probablement facilités par les oiseaux migrateurs et les modifications environnementales induites par le climat, démontrent la nécessité de systèmes de surveillance robustes et de stratégies de veille intégrée. Cette étude peut servir de modèle aux régions non endémiques pour lutter de manière proactive contre les nouvelles menaces vectorielles en utilisant des sentinelles équines comme indicateurs précoces de la circulation virale, dans le cadre d’une approche “One Health” transfrontalière… avant l’apparition de cas humains.

 

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