mercredi, janvier 7, 2026
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Influenza aviaire : les lacs et rivières à l’intersection de la circulation virale

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L’influenza aviaire est essentiellement sous surveillance dans les élevages et chez les oiseaux sauvages. Un mémoire soutenu à l’université Dalhousie, au Canada, propose de suivre la circulation des virus influenza A directement dans les eaux de surface. L’étude compare une méthode de prélèvement passif à la technique de filtration de référence de l’Agence américaine de protection de l’environnement (US EPA).

Grippe aviaire : la filière des bovins à viande pas (encore) concernée

Depuis 2024, la grippe aviaire ne se limite plus aux oiseaux. Aux États-Unis, le virus H5N1 hautement pathogène a franchi la barrière d’espèce en infectant des vaches laitières, provoquant une chute brutale de la production de lait et un bouleversement durable de la surveillance sanitaire. Cette situation a conduit plusieurs pays à réévaluer leurs vulnérabilités. En Australie, un rapport officiel s’est penché sur un scénario redouté : l’impact potentiel du virus grippal sur les élevages de bovins à viande. Si le risque a été jugé négligeable, des incertitudes demeurent.

 

Une exception américaine, pas un modèle universel

L’épisode américain a marqué une rupture. Pour la première fois, un virus influenza aviaire, le clade 2.3.4.4b, a circulé durablement chez des vaches laitières, avec une transmission entre les animaux. Cette situation reste, à ce stade, unique. Hors des États-Unis, des programmes de surveillance ciblée menés au Canada, au Royaume-Uni ou en Allemagne n’ont détecté aucune infection bovine, malgré une circulation intense du virus chez les oiseaux sauvages.

Le rapport australien souligne que les bovins à viande présentent un profil très différent de celui des vaches laitières. En effet, le virus se multiplie principalement dans la glande mammaire, où il est excrété à des concentrations extrêmement élevées dans le lait cru. Or, les bovins de boucherie adultes ne sont quasiment jamais exposés au lait d’autres animaux.

 

Un risque d’entrée faible, une propagation hautement improbable

Selon l’analyse, le passage du virus depuis les oiseaux vers les bovins à viande reste possible mais rare. Les données accumulées sur plusieurs décennies montrent que de tels franchissements de la barrière d’espèce ne se produisent que de façon sporadique. Même dans l’hypothèse de la présence du virus chez les oiseaux en Australie, la probabilité d’infection de bovins à viande est jugée faible et celle d’une propagation entre élevages considérée comme négligeable. Contrairement aux vaches laitières, les bovins à viande ne partagent ni le circuit de traite, ni les équipements contaminés par le lait, identifiés comme les principaux vecteurs de diffusion aux États-Unis. Les voies respiratoires ou digestives, testées expérimentalement, ne semblent pas permettre une transmission efficace entre les animaux.

 

Des conséquences sanitaires et économiques limitées

En cas d’infection, les conséquences attendues chez les bovins à viande seraient faibles. Les études expérimentales indiquent des formes cliniques légères et transitoires chez les animaux non allaitants. La mortalité observée dans les élevages laitiers américains reste modérée, et aucun effet durable sur la croissance ou la reproduction des bovins à viande n’est, à ce stade, démontré.

Sur le plan économique, l’impact serait sans grandes conséquences sur la production de viande par rapport à ce qui est observé dans la filière laitière, avec des pertes directes limitées. En revanche, le rapport insiste sur un point non négligeable : les répercussions commerciales et réglementaires. Des restrictions à l’exportation ou des mesures de contrôle renforcées pourraient peser sur une industrie fortement tournée vers les marchés internationaux.

 

Un risque faible, mais évolutif

Les auteurs restent toutefois prudents en raison d’un facteur clé : l’évolution du virus. Le clade 2.3.4.4b a montré une capacité inhabituelle à infecter un large éventail de mammifères. Chaque nouvel hôte représente une opportunité d’adaptation. Si le virus empruntait une voie de transmission efficace indépendante du lait, l’équation sanitaire pourrait changer. C’est pourquoi le rapport recommande de renforcer la biosécurité, d’éviter tout contact entre bovins et oiseaux sauvages, et de préparer dès maintenant des stratégies de réponse adaptées aux espèces non aviaires.

 

Influenza A chez les oiseaux : le réservoir qui ne s’éteint jamais

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Les oiseaux ne sont pas de simples victimes des grandes épizooties de grippe aviaire. Ils en sont le réservoir naturel et surtout le principal moteur évolutif. Un article le rappelle : tant que les virus influenza A circuleront chez les oiseaux, le risque de nouvelles émergences restera structurel.

Grippe aviaire : chiens et chats au cœur d’un nouveau front zoonotique

Une publication alerte sur le rôle des animaux de compagnie dans l’évolution des virus influenza A et le risque pandémique.

Grippe aviaire H5N1 chez les bovins : une adaptation progressive du virus à son hôte

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Une étude montre que la capacité du virus H5N1 à se multiplier dans des cellules bovines dépend fortement de la “génomique interne” : les gènes qui pilotent la réplication et l’échappement à l’immunité innée bien plus que l’enveloppe virale qui capte d’ordinaire l’attention. Cette étude montre que tous les virus H5N1 ne se comportent pas de la même façon face aux cellules bovines : certains variants récents se répliquent nettement mieux que d’autres, et ce potentiel varie au fil de l’évolution de ces virus.

 

La “porte d’entrée” ne fait pas tout

Depuis le début de l’épisode américain, l’explication avancée était anatomique : le virus infectait la mamelle, ses cellules épithéliales, ses récepteurs cellulaires, et la contamination était facilitée par la traite. L’étude ne nie pas l’importance du tissu mammaire, au contraire, mais elle montre que le cœur du phénomène se joue ailleurs : dans le “moteur” interne du virus, celui qui gouverne sa capacité à se multiplier une fois qu’il est entré dans les cellules.

Pour isoler cet effet, les chercheurs ont fabriqué des virus “chimères” : même enveloppe virale, mais gènes internes différents selon les variants des virus H5N1. Résultat ? Des performances très inégales ont été observées selon les variants ! La capacité de réplication dans des cellules bovines varie fortement entre les virus, y compris au sein du clade actuellement dominant (2.3.4.4b). Certaines combinaisons génétiques, notamment celles observées dans la dynamique nord-américaine, affichent une cinétique plus favorable dans des modèles cellulaires bovins, et l’effet se retrouve aussi dans des tissus mammaires testés ex vivo.

Autrement dit, certains virus semblent plus capables que d’autres de se répliquer dans les cellules bovines. C’est une différence de degré, pas une barrière nette à l’adaptation aux bovins. Ce que l’étude révèle, c’est une adaptation polygénique : plusieurs segments génomiques internes qui, ensemble, rendent les virus grippaux plus infectants chez l’hôte bovin. Aussi, chercher LA mutation qui a permis au H5N1 d’infecter les bovins est une restriction de vue.

 

 

Grippe aviaire hautement pathogène : l’Europe sous tension jusqu’à la fin de l’hiver

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Entre la mi-septembre et la fin novembre, l’Europe a vu repartir à la hausse les cas d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP H5) chez les oiseaux sauvages comme dans les élevages. Dans une analyse conjointe, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) préviennent que de nouveaux foyers sont probables jusqu’à la fin de l’hiver, même si le risque pour la population est considéré comme faible.

 

Une vague automnale d’une ampleur inédite depuis 2016

Selon ce bilan, établi pour la période du 6 septembre au 28 novembre 2025, 2 896 détections du virus IAHP H5 ont été rapportées en Europe, dans 29 pays, dont 442 dans des élevages ou chez des oiseaux domestiques et 2 454 chez les oiseaux sauvages. Les oiseaux d’eau (canards, oies, cygnes) sont en première ligne avec, fait marquant, des épisodes de mortalité massive chez les grues cendrées. La plupart des cas sont liés au nouveau variant d’un génotype H5N1 déjà rencontré en Europe, mais qui semble soit plus transmissible, soit qui affecte des populations d’oiseaux peu ou pas immunisées.

 

Les élevages pris dans la tourmente des migrations

Comme lors des saisons précédentes, le virus « entre » dans les bâtiments d’élevage via les oiseaux sauvages, le plus souvent de manière indirecte (fientes, poussières contaminées, eau ou fourrages souillés). Les élevages de dindes sont particulièrement touchés, mais les autorités signalent aussi des cas dans des troupeaux de canards pourtant vaccinés, signe d’une forte pression virale.

L’Efsa et l’ECDC recommandent, dans toutes les zones où la grippe aviaire circule chez les oiseaux sauvages et où des mortalités massives sont observées, de maintenir les volailles confinées, de renforcer les mesures de biosécurité (limitation des entrées, changement de tenue et de chaussures, protection des points d’eau et des aliments) et d’intensifier la surveillance clinique et virologique pour détecter très tôt tout foyer.

 

Renards et chats, sentinelles involontaires

La circulation intense du virus dans l’avifaune se traduit aussi par une légère hausse des cas chez les mammifères, en particulier les renards, contaminés après l’ingestion d’oiseaux infectés. Plus inquiétant encore, le virus a de nouveau été détecté chez des chats domestiques dans deux pays européens, après plusieurs mois sans signalement. Là encore, la source la plus probable reste le contact direct avec des oiseaux malades ou leurs carcasses.

Les experts rappellent quelques règles de prudence : éviter de nourrir les animaux de compagnie avec de la viande ou des abats crus et, dans les zones où le virus circule activement, limiter les sorties non surveillées des chiens et des chats, en les gardant à l’intérieur ou en laisse.

 

Un risque humain faible mais surveillé de près

Chez l’humain, l’ECDC continue de juger le risque « faible » pour la population générale et « faible à modéré » pour les professionnels exposés (éleveurs, vétérinaires, intervenants en abattoirs, équipes de nettoyage des foyers). Aucune transmission interhumaine n’a été documentée en Europe à ce jour, même si des infections sporadiques liées à des contacts étroits avec des volailles infectées ont été enregistrées dans le monde ces derniers mois.

Les agences européennes insistent néanmoins sur l’importance des équipements de protection individuelle sur le terrain (masques, lunettes, gants) et sur la vaccination contre la grippe saisonnière des travailleurs exposés, qui peut réduire le risque de coïnfection et donc de recombinaison entre les virus humains et aviaires.

 

Un test pour la réponse européenne

Ce nouvel épisode de grippe aviaire arrive alors que le virus H5N1 a déjà provoqué, depuis 2021, l’abattage de centaines de millions de volailles à l’échelle mondiale, fragilisant la filière avicole et le marché agro-alimentaire. En Europe, la saison 2025-2026 constitue un test grandeur nature : celui de la capacité des États membres à combiner la vaccination de certains cheptels, le confinement temporaire des animaux, une biosécurité renforcée et une surveillance coordonnée de la faune sauvage.

Les modèles présentés par l’Efsa anticipent un maintien de la circulation virale dans les populations d’oiseaux sauvages durant les prochaines semaines, avec un reflux attendu seulement en fin d’hiver, au gré des migrations et des conditions météorologiques. D’ici là, la vigilance reste de mise, tant pour protéger les élevages que pour surveiller les rares passerelles possibles entre santé animale et santé humaine.

 

Zoonoses : la “bombe sanitaire” qui frappe en priorité les pays pauvres

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Une revue alerte sur le coût humain et économique massif des maladies animales transmissibles à l’homme dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Dans l’ombre du Covid-19, une autre crise se profile à l’horizon. Rage, leptospirose, brucellose, tuberculose zoonotique ou leishmaniose font chaque année des centaines de millions de victimes, principalement en Afrique, en Asie et en Amérique latine.

Zoonoses en Europe : en 2024, les épidémies ont souvent commencé dans l’assiette

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Le rapport annuel Efsa-ECDC montre une hausse des infections d’origine alimentaire et confirme l’urgence d’une approche “One Health”.

Grippe aviaire et porcine : l’Europe se dote d’un mode d’emploi “prépandémique”

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Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) publie un cadre opérationnel avec quatorze scénarios pour guider, en temps réel, la réponse des États face aux risque de pandémie d’influenza A (H5N1) et autres grippes d’origine animale.

Influenza aviaire H5N1 et chat : état des lieux en 2025

Une portée de 8 chatons est morte aux Pays-Bas. Un chaton d’une ferme caprine a été confirmé positif au virus H5N1, les autres sont décédés après adoption dans différents foyers. L’enquête suggère une contamination via un oiseau sauvage apporté par la mère, tandis que les chèvres et chats adultes du site ont tous testé négatif.

Influenza aviaire : état des lieux du virus H5N1 en Amérique du Nord

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Après trois ans de circulation de l’influenza aviaire et des centaines de millions de volailles abattues, une question revient sans cesse : quelle est l’origine principale de ces épizooties ? Des travaux publiés cet automne apportent des réponses.

Comportement canin : l’aptitude des chiens à l’apprentissage en baisse durant la pandémie

Les chiens seraient devenus plus difficiles à éduquer au fur et à mesure que la pandémie de Covid-19 progressait, bien que la situation semble s’être améliorée depuis qu’elle a pris fin. Une vaste étude américaine incluant 47 444 chiens établit un profil comportemental de référence entre 2020 et 2023 au sein du Dog Aging Project (DAP).