jeudi, février 12, 2026
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Virus de Marburg : une zoonose mortelle aux réservoirs animaux variés

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Virus de Marburg : une zoonose mortelle aux réservoirs animaux variés

Le virus de Marburg, l’agent d’une fièvre hémorragique à forte létalité, est typiquement un enjeu “One Health” : la plupart des épidémies humaines, qui surviennent le plus souvent en Afrique, débutent par une circulation du virus chez l’animal, puis se propagent par transmission interhumaine. Dans ce contexte, une revue systématique dresse un état des lieux sur la prévalence et la persistance du virus Marburg chez les animaux.

 

Les chauves-souris sous surveillance

Les auteurs de cette revue ont retenu 30 études publiées sur le virus Marburg chez les chauves-souris, les rongeurs, les primates non humains et les animaux domestiques (chiens, ruminants, porcs), selon trois angles : la prévalence via la mise en évidence de l’ARN viral et/ou d’anticorps, la durée de séropositivité, et les voies potentielles d’excrétion virale.

Les chauves-souris, notamment la roussette d’Égypte, demeurent le principal réservoir naturel du virus et sont reliées à la plupart des épidémies humaines. Dans les études sélectionnées, la séroprévalence chez les chauves-souris varie fortement (de moins de 1 % à environ 54 %), signe d’une exposition très hétérogène selon la région géographique, la période étudiée et la méthode d’analyse. En parallèle, la détection par PCR de gènes viraux est nettement plus faible (autour de 0,8 à 3 % des échantillons), ce qui rappelle que chez les réservoirs, l’infection active est souvent brève et plus difficile à détecter que la trace immunologique.

Sur le plan immunologique, la revue rapporte que les anticorps peuvent persister jusqu’à onze mois chez des chauves-souris naturellement infectées, tandis que des anticorps induits expérimentalement ou d’origine maternelle diminuent plus rapidement, généralement en moins de cinq mois.

 

Une transmission zoonotique du virus

Dans les études retenues, l’ARN du virus n’a généralement pas été détecté chez les animaux domestiques, les primates non humains et les rongeurs. En revanche, des anticorps ont été identifiés chez des chiens et des animaux d’élevage, ainsi que chez des primates non humains dans certains pays africains. La détection d’anticorps spécifiques au virus de Marburg chez des animaux domestiques, en particulier ceux en contact étroit avec l’humain, soulève d’importantes questions de santé publique. Bien que la présence d’anticorps indique une exposition antérieure plutôt qu’une infection active, elle suggère néanmoins que ces animaux peuvent servir de sentinelles lors d’épisodes de transmission virale ou d’hôtes intermédiaires potentiels dans les zones où les chauves-souris frugivores, réservoirs naturels du virus, sont abondantes.

Ainsi, la possibilité que les animaux domestiques servent de vecteurs mécaniques ou biologiques dans la transmission zoonotique ne peut être totalement exclue, notamment dans les communautés rurales où bétail, chiens et humains partagent le même habitat et les mêmes ressources. Cela souligne l’importance d’adopter une approche “Une seule santé” en matière de surveillance, intégrant les données de la santé animale, humaine et environnementale, afin de comprendre la dynamique du virus de Marburg.

 

Cette revue synthétise les données disponibles, identifie les lacunes dans les connaissances et propose de nouvelles pistes de recherche. Elle confirme le rôle majeur de la roussette d’Égypte dans la circulation du virus, tout en montrant que d’autres espèces de chauves-souris apparemment saines, notamment la roussette paillée africaine, y contribuent également. L’identification récente d’anticorps chez certains animaux d’élevage et des chiens justifie des recherches approfondies sur le rôle de ces animaux dans la circulation virale. Il est donc nécessaire de mettre en place une surveillance multi-espèces élargie et ciblée du virus de Marburg dans les pays à haut risque, afin de mieux comprendre le rôle des réservoirs, la répartition des hôtes et la dynamique de transmission du virus.

 

Pathogenèse du virus de Marburg chez l'homme
Pathogenèse du virus de Marburg chez l’homme

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