
Dans une récente étude, le suivi pendant au moins quatre ans de 176 chevaux opérés pour des coliques montre un taux de survie à long terme globalement bon. Néanmoins, près d’un cheval sur deux présente des complications après sa sortie d’hospitalisation. Le score EPOCS quantifie cette morbidité et aide à établir un pronostic vital et sportif.
La chirurgie des coliques, chez le cheval, comporte deux étapes à risque : le réveil après l’anesthésie et la sortie d’hospitalisation. Les taux de complications et de mortalité associés à cette intervention restent élevés. Mais pour les propriétaires, la vraie question concerne le devenir de leur animal dans les années qui suivent, quand l’intestin a été manipulé, parfois réséqué, et que la convalescence se prolonge bien au-delà de la sortie de la clinique. Une étude publiée dans Veterinary Record apporte une réponse, en s’appuyant sur un outil encore peu utilisé en pratique courante : l’Equine Postoperative Complication Score (EPOCS), un score destiné à objectiver la gravité des complications, à l’hôpital comme après le retour à l’écurie.
Un suivi au long cours, jusqu’à quatre ans et plus
Les auteurs ont repris rétrospectivement les dossiers de chevaux opérés de coliques entre janvier 2017 et mars 2021, avec un recul d’au moins quatre ans via un suivi téléphonique. Sur 244 chevaux opérés, 203 sont sortis vivants de leur séjour en clinique, et 176 ont pu être suivis sur le long terme. Cette initiative a ainsi permis d’évaluer la morbidité tardive (rechutes, conséquences fonctionnelles, etc.) et pas seulement la survie immédiate.
Des complications postopératoires chez près d’un cheval sur deux
Des complications après la sortie d’hospitalisation sont rapportées chez 44,8 % des chevaux suivis. La complication la plus fréquente est la récidive des coliques. Ce chiffre, à lui seul, change la manière de présenter le pronostic : la chirurgie traite souvent l’affection, mais elle n’est pas toujours efficace contre la fragilité digestive ou les risques secondaires. Il donne aussi une mesure de ce que vivent les propriétaires : un cheval traité chirurgicalement n’est pas nécessairement sorti d’affaire.
EPOCS : un score pour évaluer la morbidité
Le recours à cette classification permet de comparer des résultats postopératoires très hétérogènes et de pouvoir suivre les taux de complications et de mortalité sur le long terme. Via l’EPOCS, cette étude suggère que la gravité de l’état clinique initial pèse davantage sur le pronostic vital que les complications tardives rapportées. Dans le même temps, les auteurs ne montrent pas de différence significative selon le type de lésion, la portion de l’intestin touchée ou la résection effectuée sur la survie à long terme dans l’effectif étudié.
Quatre ans ou plus après l’intervention, le taux de survie à la suite d’une chirurgie de coliques est globalement bon chez les chevaux sortis vivants de l’hôpital, mais les complications postopératoires tardives sont fréquentes, avec près d’un cheval sur deux concerné. En se servant de l’EPOCS, l’étude propose un nouvel outil pour mesurer la gravité des complications et mieux relier l’état clinique à la survie à long terme, mais aussi comparer les techniques et les stratégies de prise en charge (chirurgie, soins postopératoires, prévention de l’iléus, gestion de la douleur, antibiothérapie raisonnée).

