Une étude rapporte la première détection sérologique et moléculaire du virus de la grippe A(H1N1) chez le bison d’Europe. Elle a analysé rétrospectivement 335 échantillons de sérum prélevés sur des bisons entre 2017 et 2023 et n’a identifié qu’un seul animal positif, soit une séroprévalence globale de 0,3 %.
Le virus de la grippe A est capable d’infecter un large éventail d’hôtes, mais les données sur les infections chez les ruminants sauvages restent limitées. Le bison d’Europe (Bison bonasus), le plus grand mammifère terrestre d’Europe, n’avait jusqu’alors jamais été identifié comme hôte du virus de la grippe A.
L’ARN du virus de la grippe A(H1N1) a été détecté dans les tissus cardiaques et hépatiques d’un bison mâle captif de 4 ans provenant de la forêt de Borecka en Pologne, abattu et prélevé en 2018. À l’autopsie, l’animal présentait une congestion pulmonaire, un emphysème et une posthite. Ces résultats mettent en évidence la susceptibilité potentielle de cette espèce au virus de la grippe A et soulèvent des questions quant aux sources et voies de transmission possibles, notamment à partir des animaux domestiques ou de l’humain.
La confirmation d’une infection naturelle par le virus A/H1N1 chez un grand ruminant, avant l’épizootie de grippe à H5N1 chez les bovins laitiers aux États-Unis en 2024, constitue une donnée préliminaire sur le risque de transmission interspécifique chez les bovidés, selon l’approche “One Health”. Cette pertinence est renforcée par des preuves rétrospectives croissantes selon lesquelles les bovins peuvent être exposés à de multiples sous-types de virus de la grippe A, y compris des virus d’origine humaine et porcine, documentés par des études sérologiques récentes.
Cette étude ajoute le bison d’Europe à la liste des espèces sensibles à la grippe A et souligne la nécessité d’une surveillance accrue dans les environnements où la faune sauvage et les animaux domestiques interagissent étroitement.

