Au regard des enjeux de santé publique ou économiques, il est essentiel de maîtriser efficacement et durablement l’introduction et la propagation des maladies animales contagieuses en France. Pour atteindre cet objectif, le ministère de l’Agriculture a publié le 9 mars le Plan national d’intervention sanitaire d’urgence (Pnisu) en santé animale, un outil destiné à harmoniser la préparation et la gestion des crises sanitaires touchant les élevages. Ce cadre concerne les services de l’État à l’échelle des zones de défense, des régions et des départements, ainsi que leurs partenaires, et s’intègre au dispositif d’Organisation de la réponse de sécurité civile (Orsec).
Le ministère motive la mise à jour de ces mesures par une exposition accrue des filières d’élevage aux risques sanitaires, sous l’effet de la mondialisation et du changement climatique. Le plan couvre les maladies animales de catégorie A ainsi que d’autres maladies d’intérêt, notamment les zoonoses (transmissibles à l’humain) ou les épizooties (transmissibles entre animaux) à fort impact économique. Il est complété par des outils documentaires destinés aux services de l’État.
Le plan détaille surtout la chaîne d’intervention en cas d’alerte. Lorsqu’une maladie est suspectée, l’élevage est placé sous surveillance, les mouvements d’animaux et de produits sont restreints, et des prélèvements sont réalisés. Si l’infection est confirmée, le foyer est dépeuplé de ses espèces sensibles, les aliments, les litières et les matières potentiellement contaminées sont éliminés, puis le site est décontaminé. Après un nettoyage et une désinfection, le repeuplement n’est possible qu’après le délai prévu par la réglementation européenne.
Autour du foyer, une zone réglementée est instaurée. Elle s’accompagne d’une surveillance renforcée et d’une interdiction des mouvements d’animaux et de produits. Dans certaines situations, la vaccination peut être mise en œuvre. Le ministère précise aussi que, pour des maladies comme la peste porcine africaine ou l’influenza aviaire hautement pathogène, des mesures sont également prises lorsque l’infection est détectée dans la faune sauvage.
Le texte rappelle enfin que ce dispositif repose sur la réglementation européenne, notamment le règlement 2020/687, et sur le Code rural et de la pêche maritime. Il prévoit également des mesures d’accompagnement pour les élevages touchés, telles qu’une indemnisation de la valeur des animaux, la prise en charge d’une partie du nettoyage-désinfection et l’accompagnement psychologique des éleveurs, avec l’appui de la Mutuelle sociale agricole et des chambres d’agriculture.
Ce plan d’action vise à rendre la réponse publique plus rapide, homogène et lisible face à des risques sanitaires connus ou émergents plus fréquents et plus complexes, nécessitant la mobilisation de tous les acteurs publics et privés concernés.

