mardi, janvier 27, 2026
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Fièvre aphteuse : les différentes voies de diffusion empruntées par le virus

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Fièvre aphteuse : les différentes voies de diffusion empruntées par le virus

Voilà une maladie qui provoque généralement de vives réactions tellement ses conséquences sur les cheptels infectés, et donc sur l’économie des filières, peuvent être importantes. Il suffit d’observer la crise hors de contrôle en Afrique du Sud pour comprendre les enjeux d’une meilleure connaissance de la fièvre aphteuse.

La force du virus aphteux réside dans sa capacité à se diffuser dans l’air et via les contacts directs et indirects. Une synthèse rappelle ainsi que ce virus est multivecteur : il passe de l’animal au matériel, du matériel à l’humain, de l’humain au troupeau, et dans certaines conditions d’un élevage à l’autre par voie aérienne ou orale.

 

Sept sérotypes, trois voies de diffusion

Le virus de la fièvre aphteuse appartient à la famille des Picornaviridae et se décline en sept sérotypes immunologiquement distincts (O, A, Asia1, C, SAT1, SAT2, SAT3). Les trois voies principales de diffusion sont les contacts, l’air, les surfaces contaminées.

La première voie est la plus classique : les contacts directs et indirects. Les animaux infectés excrètent le virus par la salive, les sécrétions nasales, mais aussi l’urine, les fèces, le lait, etc. En outre, les bovins peuvent héberger le virus au niveau oropharyngé au-delà de la phase aiguë.

La deuxième voie de transmission est aérienne. Les porcs jouent un rôle particulier dans la diffusion du virus par des aérosols capables de voyager sur plusieurs kilomètres. Le vent, l’humidité, la température et la charge virale conditionnent alors la portée de la contamination. Les analyses des grandes épizooties européennes du XXᵉ siècle ont montré que cette voie pouvait amplifier une épizootie, parfois au-delà d’une seule zone d’élevage.

La troisième voie est celle des matériels et des équipements contaminés (véhicules, vêtements, bâtiments, surfaces, aliments). Le virus peut persister suffisamment sur certains supports pour redevenir infectieux, ce qui donne toute leur valeur aux mesures zoosanitaires et de biosécurité (hygiène, sas, traçabilité, restriction des mouvements, etc.) pour empêcher sa propagation.

 

Les vecteurs “silencieux” : aliment, lait, eau et carcasses

La fièvre aphteuse se diffuse aussi par des voies moins connues, mais très efficaces. Chez le porc, la transmission via l’alimentation est un risque bien documenté : des travaux expérimentaux montrent que la distribution d’aliments contaminés peut suffire à infecter des animaux. Dans la filière laitière, l’impact est également commercial : le virus peut survivre dans le lait cru et même, selon les conditions, dans le lait pasteurisé.

L’eau est plus rarement identifiée comme une source de contamination lors des enquêtes de terrain. Toutefois, une évaluation quantitative citée dans l’article suggère qu’une eau contaminée représente un risque dans certaines circonstances, et la stabilité du virus en milieu humide dépend fortement de la température et du pH : une eau froide et proche de la neutralité favorise sa persistance.

Quant aux carcasses, elles constituent un réservoir viral : un animal mort infecté, notamment le porc, peut rester contagieux pendant plusieurs jours si l’élimination de la carcasse est tardive ou inadéquate.

 

Une persistance environnementale élevée

Dans les sols, la persistance du virus dépend des propriétés physico-chimiques et des conditions extérieures. L’ombre et l’humidité préserveraient l’infectiosité plus longtemps, ce qui signifie que deux parcelles voisines ne se valent pas en termes de risque. Le fumier, la litière, les déchets organiques jouent aussi un rôle “protecteur” : ils peuvent maintenir un virus viable et contribuer à la contamination environnementale, en particulier là où ces matières sont épandues ou manipulées sans désinfection préalable. Le pH fait partie de l’équation : le virus de la fièvre aphteuse est stable autour d’un pH neutre, mais il est rapidement inactivé en milieu acide (pH < 6) ou alcalin (pH > 9). Cette sensibilité donne une base scientifique aux stratégies d’inactivation par des traitements acides ou basiques, et l’article évoque aussi l’intérêt de certains désinfectants (dont le formaldéhyde) sur des isolats locaux. Enfin, la chaleur accélère l’inactivation du virus, tandis que le froid prolonge sa viabilité. Ainsi, l’hiver n’offre pas forcément une pause épidémiologique.

 

Cette publication a le mérite de dresser un bilan sur les connaissances relatives à la dissémination du virus aphteux et de suggérer des axes de travail pour le renforcement de la biosécurité. La fièvre aphteuse est une maladie très contagieuse car le virus est capable de multiplier les voies de diffusion. Reste que l’article n’évoque pas un point fondamental en matière de prévention : la vaccination.

 

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