mercredi, janvier 21, 2026
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Climat et pollution : de nouveaux risques pour la santé équine

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Climat et pollution : de nouveaux risques pour la santé équine

Le cheval athlète, véritable sentinelle environnementale, se retrouve aujourd’hui en première ligne du changement climatique. Une revue publiée en 2025 dans Pferdeheilkunde Equine Medicine montre que la combinaison de températures plus élevées, d’une variabilité climatique accrue et de la dégradation de la qualité de l’air modifie en profondeur les risques sanitaires auxquels les chevaux sont exposés, en Europe comme ailleurs. Longtemps considérés comme des risques ponctuels, ces facteurs environnementaux s’installent désormais dans la durée. Ils affectent non seulement la santé respiratoire et métabolique du cheval, mais aussi sa capacité à travailler, à récupérer et à vieillir dans de bonnes conditions.

 

Stress thermique et qualité de l’air : des risques croisés

La hausse des températures constitue le premier facteur de vulnérabilité. Lorsque chaleur et humidité se conjuguent, les mécanismes de thermorégulation du cheval, essentiellement fondés sur la sudation, atteignent rapidement leurs limites. Le stress thermique se traduit par une déshydratation, des déséquilibres électrolytiques, une baisse de l’endurance et une augmentation des coups de chaleur, notamment chez les chevaux âgés, les jeunes animaux et les chevaux soumis à un effort intense. À plus long terme, ces épisodes répétés fragilisent le système immunitaire et allongent les temps de récupération.

Le changement climatique agit aussi de manière indirecte mais déterminante. Les sécheresses prolongées et les épisodes de pluies intenses altèrent la qualité des pâturages et des fourrages, augmentant les troubles digestifs et métaboliques. Surtout, le réchauffement élargit l’aire de répartition et la saison d’activité des vecteurs (moustiques, tiques, moucherons), exposant les chevaux à des maladies comme la fièvre de West Nile (jusqu’au Royaume-Uni) ou, plus ponctuellement, la peste équine africaine.

 

Pollution atmosphérique et maladies respiratoires : une relation sous-estimée

À ces pressions s’ajoute un facteur longtemps relégué au second plan : la qualité de l’air. Les poumons du cheval, adaptés à des échanges gazeux très élevés lors de l’effort, se révèlent particulièrement vulnérables aux particules fines, à l’ozone, à l’oxyde d’azote et aux fumées issues des incendies de la végétation. L’exposition chronique favorise l’inflammation des voies respiratoires, l’asthme équin, et une baisse objectivable des performances, y compris chez des animaux bien entraînés.

Les fumées des feux de forêt, désormais plus fréquents, constituent un risque aigu. Même à distance des zones d’incendie, la dégradation de l’air peut suffire à déclencher des trioubles respiratoires, en particulier dans des écuries mal ventilées. Les auteurs soulignent que ces facteurs ne s’additionnent pas, ils se renforcent. La chaleur accroît la toxicité de certains polluants, la sécheresse augmente la charge en poussières, et le confinement accentue l’exposition.

 

L’article plaide pour une adaptation structurelle, avec une amélioration de la ventilation et de l’ombrage, un suivi environnemental en temps réel, un ajustement des horaires de travail et une anticipation sur le plan sanitaire. À mesure que le climat se dérègle, le cheval apparaît de plus en plus comme un indicateur avancé des effets environnementaux sur la santé animale et, au-delà, sur la relation entre activités humaines et bien-être du vivant.

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